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Il y a deux raisons de faire une page consacrée à l'automobile.
  1. Par son importance dans l'économie nationale, elle représente de forts enjeux,
  2. Elle est actuellement au centre de l'actualité et fait l'objet de nombreux débats affectant nos deux grands constructeurs.
 
L'industrie automobile française a dû subir les critiques du gouvernement, des syndicats et des media: elle a bien du mérite d'avoir survécu quand l'industrie britannique a disparu depuis longtemps . Il n'est pas question de nier certaines erreurs de gestions mais la stratégie publique ne peut se contenter de déplorer et vouloir sanctionner ces erreurs.
Si la communauté nationale continue à se comporter aussi mal avec son industrie automobile, celle-ci est menacée jusque dans son existence.
J'ai voulu aussi éclairer la comparaison entre les industries allemande et française, à la lumière d'aspects qui sont rarement pris en compte.
-quand politiques, journalistes et syndicats vilipendent  les  constructeurs français, pensent-ils contribuer à améliorer la situation ? Donner Volkswagen en exemple, comme on l'a entendu trop souvent, peut être perçu comme une incitation implicite à acheter à ce groupe.
-L'automobile française a subi un important  renchérissement de  main d'œuvre, notamment  les 35 h et le dénigrement constant des politiques, ainsi qu'une immixtion fréquente dans sa gestion.
-Les citoyens allemands ont un sens civique développé . Tout allemand qui arrive dans une usine au volant d'une voiture importée s'expose à être montré du doigt. Ceci a assuré des ventes à cette industrie, donc des moyens financiers, donc la capacité d'investir et de devenir meilleur. Les français, au contraire, n'ont de cesse de dénigrer leur production automobile, de façon souvent très injuste.
- les syndicats allemands ont su faire les concessions utiles quand c'était nécessaire.
- les constructeurs allemands ont progressé notamment en vendant des automobiles surpuissantes et  bien peu écologiques. Les français se sont abstenus de le faire : leur en sommes nous reconnaissants ?
-les constructeurs allemands bénéficient d'un marché "haut de gamme" d'un volume environ 5 fois supérieurs au marché "haut de gamme" français. Ceci est un avantage considérable pour eux.
- les constructeurs français sont critiqués en raison de la part de leur production réalisée à l'étranger. Toute personne ayant réfléchi au sujet reconnaîtra que c'est une condition à leur prospérité, voire à leur survie
-les obstacles mis par la société  aux plans sociaux, pour compréhensibles qu'ils soient ( les drames humains en résultant doivent être réduits par tous les moyens) sont contreproductifs. Ils ne peuvent éviter ces plans sociaux, mais les rendent exagérément onéreux, sans que le personnel en bénéficie vraiment; ces surcoûts imposés aux constructeurs réduisent leurs moyens financiers, donc leur aptitude à investir, donc vendre davantage, donc préserver l'emploi. Il est regrettable que certains syndicats mènent une véritable guerre, très médiatique, à leur entreprise, ce qui, évidemment peut dissuader la clientèle. Ils seraient bien inspirés de faire bloc avec leur société et notamment d'agir activement pour appeler les consommateurs à acheter ses produits. Dans certains conflits sociaux récents, on est bien loin de cet idéal.